Déclaration des élus au conseil d’administration du CNRS sur le budget 2015

samedi 27 décembre 2014

Déclaration des élus au conseil d’administration du CNRS sur le budget 2015

Après un tassement du budget en 2014, tassement qui se traduisait déjà par une
baisse substantielle des dotations hors personnel aux instituts, le projet de budget 2015, marqué par une baisse nette de la subvention d’État, devient un budget de récession. Ceci ne peut se traduire, en particulier en ce qui concerne les dépenses de
fonctionnement, équipement et investissement, que par une accélération du déclin et une accentuation des difficultés de nos unités.

Tous les indicateurs sont tournés vers le bas. En particulier la dotation globale
hors personnel pour activités conduites par les unités de recherche baisse de près de
50 M€, soit une baisse de 8,1 %, alors qu’elle avait déjà baissé en 2014 de 9,1 %. La
situation des laboratoires, déjà critique au jour le jour, va devenir intenable.

Les dépenses de personnel limitatives, qui constituent la plus grosse partie de
l’action budgétaire en faveur de la recherche, au sein du CNRS, n’échappent pas à la
récession. Le niveau de ces dépenses de personnel accuse une baisse de 0,8 % dans les laboratoires, de 1 % tout compris, ce qui le ramène en 2015 en deçà du niveau de dépenses inscrit au budget initial de 2013.

La recommandation exprès publiée par le conseil scientifique du CNRS sur
l’emploi le 10 mars 2014, la session extraordinaire du Comité national de la recherche
scientifique en juin, la lettre au président de la République signée maintenant par 840
directeurs de laboratoire et la manifestation nationale du 17 octobre dernier ont montré à quel point - alors que les laboratoires se débattent dans bien d’autres difficultés - la question de l’emploi est cruciale. La direction de l’organisme préserve les apparences en présentant une campagne de recrutement de chercheurs au même niveau que celle de 2014, mais ce ne peut être qu’au prix de nouveaux sacrifices sur les fonctions de support et de soutien à la recherche. Les chiffres des niveaux d’emploi montrent qu’on a atteint les limites du supportable. Le slogan gouvernemental de la « sanctuarisation » de l’enseignement supérieur et de la recherche ne fait plus illusion : au CNRS, on peine à remplacer tous les départs à la retraite et on ne remplace plus les décès, les démissions ou les mutations. Le projet de budget prévoit, fin 2015, un volume d’emploi, en ETPT de titulaires, de 24354 alors que le budget primitif précédent évaluait ce volume à 24488 fin 2014. On aura donc perdu, d’une année à la suivante, 135 équivalents temps plein travaillés alors que le nombre de départs pour motifs autres que la retraite de personnes payées par le CNRS s’établit, depuis quatre ans, en moyenne à moins de cent. Comme, en 2011, l’effectif était encore de 24965 ETPT, l’érosion va dépasser 600 postes de
titulaires en seulement 4 ans. Tous emplois confondus (titulaires et contractuels), le total prévu des ETPT à réaliser en 2015 est en régression, sur une année, de 372 emplois. L’effectif du Centre est appelé à plonger.

Conséquence de cette contraction de notre organisme année après année : le
nombre de publications (parlons-en puisque cet indicateur figure dans le document
budgétaire) maintenant diminue ! Le nombre – il faut le dire parce que la recherche ne
s’évalue pas sérieusement en comptant les publications – n’est pas tout. Mais cette
baisse du nombre des publications n’est assurément pas un résultat glorieux. La
consolation inscrite dans le document budgétaire sous forme d’une augmentation,
malgré tout, de la part du CNRS dans la production mondiale nous paraît totalement
illusoire, comme nous paraît illusoire l’objectif affiché d’une proportion toujours plus
1grande de la part du CNRS dans la production scientifique nationale : il suffit que celle-ci baisse encore plus (le gouvernement fait ce qu’il faut pour cela) ou que par le jeu des regroupements en cours tout le monde puisse mettre son label sur tout, on y arrivera. Mais cela ne voudra pas dire grand’chose.

La conclusion qui s’impose est une évidence : diminuer la dotation d’État au
CNRS n’est pas une bonne méthode pour lui permettre de continuer à assurer ses
missions. On a fixé, à Lisbonne en 2000 et dans un beau mouvement de consensus
européen l’objectif d’un effort général de 3% du PIB pour les dépenses de recherche et de développement à l’horizon 2010. On n’y est pas arrivé et, en France, on en est encore loin ! Ce constat devrait obliger l’État à utiliser ses opérateurs, au premier rang desquels le CNRS, comme locomotives de l’effort national de recherche. Une politique responsable, vis-à-vis des enjeux du XXI e siècle, devrait être une politique de croissance, en particulier de croissance de l’effort de recherche scientifique ! Le
gouvernement tourne le dos à cette évidence et compromet gravement l’avenir du pays.

Le projet de budget qui nous est présenté consacre, encore plus gravement qu’en
2014, l’asphyxie de l’organisme et nous ne pouvons pas l’accepter.

A Paris, le 4 décembre 2014


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