Conseil scientifique du CNRS des 23-24 novembre 2017

1ere partie
jeudi 15 février 2018
par  sabine

Conseil scientifique du CNRS des 23-24 novembre 2017

Compte rendu des élu.e.s du conseil

Rappel de la composition du conseil scientifique
http://www.cnrs.fr/comitenational/contact/annuaire.php?inst=116

Résumé
• Intervention de Mme Hélène Langevin-Joliot
• Présentation de l’IN2P3
• Remplacements de membres : un membre élu du CS, un membre nommé du CSI INSB
• Retour sur la journée IST du 11 octobre 2017 : Données scientifiques partageables
• Compléments aux créations/suppressions d’unités de recherche d’octobre dernier : INC, INP, INEE
• Présentation des grandes lignes de la stratégie de valorisation et d’innovation du CNRS
• Points d’information : campagne de recrutement 2017 des chercheur.se.s, budget 2018
• Avis du Conseil : Répartition des moyens financiers et humains entre les instituts, les programmes interdisciplinaires et les services communs ; Répartition par discipline ou groupes de disciplines des emplois de chercheurs ouverts aux concours 2018
• 4 recommandations sur l’information scientifique et technique : moyens du partage des données scientifiques, discussions internationales autour du droit d’auteur, auto-archivage des publications scientifiques, évolutions de l’édition scientifique

Points d’actualité
- Un séminaire d’une journée accolée au CS est envisagé en avril 2018 sur le thème « Qu’est-ce qui nous empêche de faire de la recherche dans les labos ? » Une demi-journée avec les président.e.s des CSI, directeur ou directrice général.e délégué.e à la science, les directeur.trice.s d’instituts, une autre demi-journée plus ouverte vers les CS d’autres EPST et la CPCNU par exemple pour les Universités. L’idée étant de faire écho à la session plénière du comité national il y a 4 ans sur l’emploi scientifique et un point sur ce chantier de mobilisation. L’actualité d’ici le printemps pouvant bien entendu chambouler ce projet de programme.

Intervention de Mme Hélène Langevin-Joliot autour de la thématique « Femmes en science »
Physicienne nucléaire, ancienne membre du CS, H. Langevin-Joliot a retracé les parcours alternés de sa mère, Irène Joliot-Curie, et sa grand-mère, Marie Curie, dans leurs époques respectives. Toutes deux se sont ainsi imposées dans un monde très masculin. Devenues toutes deux des figures de femmes engagées, elles étaient féministes par l’exemple plus que par militantisme.
H. Langevin-Joliot évoque ensuite l’après-guerre et son entrée au CNRS à Bac+4 avant d’obtenir son doctorat en 1956. Cette époque est agitée autour de la question des moyens, et grâce à une forte syndicalisation et au soutien de scientifiques reconnu.e.s, c’est un tournant pour l’organisme qui obtient plus de moyens et le statut de contractuel.le (et non plus boursier.e !), ce qui améliore grandement les conditions de travail, notamment pour les femmes.
H. Langevin-Joliot termine sa présentation en évoquant un retour inquiétant de la précarité dans les métiers de la recherche, la désaffection de la jeunesse pour nos métiers et plus généralement l’évolution utilitariste de la science que l’on a connu ces dernières années. Selon elle, il faudrait distiller davantage de formation scientifique dans la société (médias, autres métiers). Quant à la diversité H/F, des hommes devraient aussi “rattraper” les femmes dans d’autres métiers.
Echanges avec les membres du CS :
- En mathématiques il n’y aura bientôt plus de femmes - en mathématiques fondamentales par exemple
- Concernant la répartition des tâches ménagères, au sein de couples, les enquêtes montrent très peu d’évolution pendant les dernières décennies, voir par ex. http://www.persee.fr/doc/estat_0336-1454_2015_num_478_1_10563
sson 103e congrès, inversant le rapport H/F du congrès de Solvay http://www.epsnews.eu/2017/09/a-gender-inversion-for-the-solvay-picture-at-the-103th-annual-congress-of-sif/

Présentation de l’institut national de physique nucléaire et de physique des particules par Reynald Pain
- Bref historique et chiffres-clés de l’institut : créé en 1971 pour concentrer les efforts dans un domaine demandant beaucoup d’infrastructures, il a son autonomie financière et possède un corps particulier de personnels techniques. Aujourd’hui institut du CNRS, avec la mission de coordonner la recherche sur les deux infinis, on y compte 25 unités (une avec l’Italie), 600 C, 400 EC, 1500 ITA, 700 doctorant.e.s et post-doctorant.e.s. Budget de 70 millions d’euros hors masse salariale dont 20 pour les TGIR. 40% des unités en région parisienne ; le reste est assez bien réparti en France avec pour seuls bassins étudiants manquants Lille et Toulouse. L’idée n’est pas de couvrir mais de concentrer les efforts à certains endroits pour avoir une taille critique nécessaire pour les grandes expériences, les moyens étant finis.
- Eléments de politique scientifique : organisation en programmes et projets (souvent à très long terme), ligne de conduite de la direction d’éviter le « gouvernement par les nombres », ne pas laisser la décision à des indicateurs, notamment pour les financements de projets. RP revendique de piloter, opérer, prendre des risques et donc aussi faire des erreurs. Lien étroit avec le CSI et le comité des DU qui se réunit très souvent, vu le faible nombre d’unités.
- Politique de site : s’inquiète d’un paysage en changement fort. L’idée est une spécialisation par site où chacun puisse venir mener ses expériences (pas besoin d’accélérateurs partout, ou pour les laboratoires sous-marins)
Q : comment encourager une prochaine génération de chercheurs, notamment de chercheuses ?
R : on compte 20% de femmes chez les C, 15-25 selon les thèmes, la plus importante part étant en physique nucléaire. Les sections sont sensibilisées à ces aspects.
Q : où en est-on sur l’énergie noire ?
R : Ce n’est que dans les années 2000 qu’on a montré que l’expansion de l’univers était accélérée et non décélérée comme on le pensait, une autre énergie agissant comme une force répulsive ; faute d’en savoir plus on l’a appelée énergie noire. Grande attente dans sa mesure via son équation d’état.

Remplacement d’un membre élu du Conseil scientifique (vote du conseil)
3 candidatures suite à l’avis de vacance / Vote : Cédric Hugrée est élu (majorité)

Remplacement d’un membre nommé au conseil scientifique de l’institut des sciences biologiques (avis du Conseil) Présentation : Catherine Jessus
Vote : unanimité pour Valérie Castellani

IST : données scientifiques partageables, open edition et copyright : quelques problématiques et de possibles recommandations après le séminaire du 11 octobre
Présentation : groupe de travail du CS, Laurence El Khouri, Francis André
- Organisation, programme et audience : c’est le GT IST du CS, avec l’aide de la DIST, qui a organisé la journée sous la forme d’une série de trois ateliers autour (i) de la donnée dans sa variété (problèmes de fond et épistémologiques), (ii) de la production et de la gestion des données, et (iii) des services aux utilisateurs. La journée a réuni une soixantaine de personnes. Un compte rendu détaillé est en ligne (ici http://www.cnrs.fr/dist/Journee-donnees-CS.html) et le groupe de travail produira ultérieurement une synthèse. Quelques recommandations sont d’ores et déjà proposées au CS (voir ci-dessous). Parmi les grandes idées émergeant du séminaire on notera l’importance de respecter les spécificités de chaque discipline (il est impossible de créer une « nouvelle science des données », sui generis à l’écart de ces diverses disciplines). Il faut également redéfinir les profils des métiers autour des données et mieux les valoriser. L’échelon des disciplines et des métiers peut aussi être le bon pour faire des propositions de déontologie professionnelle, plutôt que d’attendre le seul avis des services juridiques, souvent très restrictif et qui ne couvre qu’un aspect du problème.

Echanges avec les membres du CS :
- Les données sont très massives en soi, il s’agit de bien les documenter avec des standards et des infrastructures pour les faire parler i.e. les partager, les réutiliser (principes FAIR pour Findable, Accessible, Interoperable, and Reusable)
- Enjeux de fouille de données (l’art. 38 de la loi pour une République numérique n’est pas encore applicable) : il faudrait une position commune de l’ESR pour défendre les besoins spécifiques de la recherche (petite communauté qui ne se fait pas toujours bien entendre en situation de lobbying). La DIST y travaille avec d’autres (CPU etc.).
- Être vigilant sur la manipulation des données personnelles, instaurer la confiance, lutter contre les réticences des scientifiques à partager et publier leurs données, en d’autres termes mettre en place des bonnes pratiques.
Q Aux Etats-Unis, les chercheur.se.s peuvent immédiatement mettre en ligne leurs publications ; pourquoi n’est-ce pas possible en France ?
R : Aux EU, c’est l’organisme de recherche qui a les droits sur l’article, alors qu’en France c’est le droit moral de l’auteur, qui accepte de céder ses droits aux éditeurs : il faudrait refuser ces contrats ou imposer une clause de conservation de droits d’exploitation pour son propre compte. En attendant, la loi française permet la mise en ligne après embargo, quel que soit le contrat signé.

Créations/suppression d’unités de recherche (avis du Conseil) : INC, INP, INEE
- INC : création de l’UMR IPVF (en réalité existante mais localisée chez EDF à Chatou, qui déménage)
Vote : unanimité pour
- INP : création ex nihilo FR Physique de la Matière Condensée : des avis partagés, serait complémentaire à une autre FR toulousaine.
Vote : contre 1 ; abstention : 5 ; pour : 6
- INEE : 1) création UMR IAME : 63 C dont 0 CNRS, au moins 1 jeune C en attente de cette création / Vote : unanimité pour
2) projet UMR BABEL : 6 C dont 3 CNRS, maturation insuffisante à l’heure actuelle (à revoir au printemps) / Vote : unanimité pour ne pas créer l’UMR pour le moment

Grandes lignes de la stratégie de valorisation et d’innovation du CNRS Présentation : Michel Mortier
- La vocation du CNRS n’est pas en premier lieu l’obsession utilitariste, mais sa recherche mérite et peut être valorisée "d’un point de vue socio-économique et notamment vers le monde industriel par exemple".
- La première grande valorisation est la recherche partenariale : les contrats de recherche avec les industriels sont la première source de revenus, bien plus que les licences d’exploitation des brevets.
- Si les conventions CIFRE plafonnent, des outils récents connaissent un succès comme les Labcoms, soit plus de 125 structures « agiles », structures communes avec des entreprises mais pas UMR (simplement quelques personnes au sein d’un laboratoire). La présence d’UMR sur site industriel a ses « limites », la localisation en milieu académique paraît préférable.
- Information : Fist SA, qui gère les concessions de licences, va devenir CNRS Innovation en 2018
Echanges avec les membres du CS :
Q : Dimension SHS ?
R : Elle est partout, exemple cité de l’acceptabilité sociale d’une nouvelle technologie
Q : Quid du cas où l’on n’a pas de produit ‘à vendre’ ? Sur la recherche fondamentale, on n’a parfois même pas intérêt d’aller au produit ?
R : Le labcom est un contrat cadre qui permet par exemple d’avoir un IR payé par le secteur privé pour tester un concept. La maturation est faite en suite par les SATT : s’il y a un produit, il sort du laboratoire (incubateur, sous-traitance).
Q : Le CNRS étant actionnaires des 14 SATT, y a-t-il parfois des compétitions sur les transferts ?
R : SATT a un droit de premier regard, mais le premier valorisateur reste le CNRS (Fist), qui prend la main pour une réelle plus-value.

Bilan de la campagne 2017 de recrutement des chercheurs et report des postes non pourvus sur d’autres disciplines (listes complémentaires) (point d’information)
Présentation : Christophe Coudroy, Pierre Coural
- Résultats : 209 lauréat.e.s CR2 pour 211 postes ouverts ; 77 lauréat.e.s CR1 pour 75 postes ; 256 DR2 (dont 8 ext.) pour 256 postes et 2 DR1 ext. pour 2 postes. A noter 7 postes non pourvus reportés sur d’autres concours et 19 désistements de lauréat.e.s, permettant 16 remplacements issus des listes complémentaires et 3 reports sur d’autres concours (en cas de listes épuisées).
- Age moyen augmente de 9 mois par rapport à 2016 pour les CR1 à 37 ans et 6 mois, il diminue en revanche d’un mois pour les CR2, passant à 32 ans et 9 mois (hausse limitée pour les DR)
- % de lauréates en baisse d’un point (à 34,3%), mais avec une légère augmentation du taux de candidatures CR (+0,4). Pour les DR, on observe une érosion des candidates.
- % étrangers : 31% en baisse cette année (-3,2 points)
- Taux de pression très disparate (ex. INC : 11 candidats pour 1 lauréat vs INSHS avec 53) mais il faut noter qu’il s’agit de moyennes, le tableau présentant les valeurs par sections est plus révélateur des disparités, au sein même d’un institut ; ex. : INSB la 21 (11,8) et la 23 (31,7), INSHS (plus de 100 en sections 35 et 36, mais 15 en section 37).
- Interdisciplinarité : 48 des 299 postes externes ;
Q : Quelle est la part des candidates parmi l’ensemble des candidatures d’étrangers ?
R : 33,6% des candidat.e.s CR étranger.e.s sont des femmes, (34,2% pour les CR2 et 32,3% pour les CR1),
23,6% des candidat.e.s DR étranger.e.s sont des femmes (DR hors CNRS).
Q : A-t-on idée du temps passé au CNRS pour les étrangers ?
R : Cf. étude longitudinale ici : http://www.cnrs.fr/mpdf/IMG/pdf/parcoursdechercheuraucnrs.pdf Par exemples ce sont les Italiens qui restent le moins longtemps ;

Recrutement 2018 : Répartition par discipline ou groupes de disciplines des emplois de chercheurs ouverts aux concours 2018 (avis du Conseil)
Proposition résultant d’une "alchimie" sur les critères de répartition entre instituts : ces critères incluent le nombre de départs, les flux des années précédentes et les priorités données à l’INS2I et à l’INSMI. L’idée n’est pas de tenir compte du stock (le CS demande à voir les chiffres de recrutement par rapport au nombre de personnes en poste par institut : il est indiqué que ce n’est pas pertinent).
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