Conseil scientifique du CNRS des 21-22 janvier 2019

mardi 2 avril 2019
par  sabine

Conseil scientifique du CNRS des 21-22 janvier 2019 Compte rendu des élus du conseil

La composition du conseil scientifique

Résumé
• Points d’actualité
• Discussion avec Bruno Chaudret, président du conseil scientifique (mandats 2010-2014 et 2014-2018)
• Open access et nouveaux modes de publication (Présentation : Alain Schuhl)
• Représentants du CS dans les CSI
• Créations de Groupes de réflexion
• Préparation de la campagne 2019 de concours de recrutements de chercheurs :

- Autorisations à concourir pour contribution notoire à la recherche en vue d’un recrutement en qualité de directeur de recherche pour la campagne de recrutement 2019 (décision du Conseil)
- Propositions de nominations au jury d’admission des directeurs de recherche (avis du Conseil)
- Élargissement des jurys d’admissibilité à des experts (avis du Conseil)
• Discussion avec la Direction du CNRS
• « Enjeux climatiques » par Valérie Masson-Delmotte
• Participation du CNRS à l’ ISITE de Lille (vote du conseil)
• Adoption des recommandations (vote du Conseil)

Prochain CS les 15-16 avril 2019.

Points d’actualité
1- le coloriage des postes chercheurs (cf recommandation)
2- Droits d’inscription (cf recommandation)
A la rentrée 2017, les étudiant.e.s étranger.e.s représentaient 14.6 % des effectifs, dont 11,6 % en licence, 17,3 % en master et 41,2 % des inscrit.e.s en doctorat. La fraction d’étudiant.e.s étranger.e.s hors UE est en hausse et représente 73.0 % des étudiant.e.s étranger.e.s. C’est dire si la hausse des frais d’inscription pourrait avoir des conséquences massives et dramatiques sur les universités et sur les laboratoires. Risque de fermeture de formations (masters en particulier). Le Danemark a vu les effets immédiats sur la chute des effectifs après l’augmentation des frais. L’Allemagne a aboli tous les frais d’inscription dans toutes les universités et la science allemande ne s’en porte pas plus mal. Campus France a déjà anticipé ces changements et affiche les nouveaux tarifs sur son portail, alors même que le décret n’a pas été mis en application.
3- Evolution du recrutement au CNRS (intervention d’O. Coutard, président de la CPCN) ; (cf recommandation)
http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2018/08/4/Etat_emploi_scientifique_2018_1012084.pdf
Résumé de son intervention : Le 1er février 2019 se tiendra la convention de l’ensemble des directeurs d’unités (DU) ; à cette occasion, la CPCN invite les DU à porter un badge pour montrer leur mobilisation sur emploi scientifique.
Une session extraordinaire du Comité national (autour des questions de l’emploi scientifique) est en train de se mettre en place et devrait avoir lieu le 4 juillet 2019.
La pétition de RoguesESR avait recueilli 11 000 signatures mais également une fin de non-recevoir auprès de T. Coullomb au MESR.
Document du MESR sur l’emploi scientifique de 2018 (cf en particulier p. 12-13). En 2016 l’emploi scientifique recule dans les EPST et stagne dans les EPIC. Le recul de l’âge de départ à la retraite va durablement impacter (jusqu’en 2023) le nombre de postes ouverts au recrutement. Concernant la réduction des postes de chercheurs, il faut réfléchir de manière plus programmatique à l’évolution du CNRS et pas simplement par le remplacement des départs à la retraite, mais en tenant compte de l’écart constant entre les flux de mobilité transitoires entrants et sortants. Il faut montrer qu’il y a un enjeu dont la société va bénéficier et apparaître plus convaincant. Dans les 5 prochaines années il faudrait prévoir typiquement 280 chercheurs et 350 IT (après les départs en retraite augmentent à nouveau). Besoin d’évaluer le crédit impôt recherche ainsi que le crédit innovation. Voir le rapport fait lors des assises de la recherche en 2012.

Discussion avec Bruno Chaudret, président du conseil scientifique (mandats 2010-2014 et 2014-2018)
Présentation de BC, qui s’appuie sur les documents de fin de mandat du précédent CS : le message de fin de mandat et le bilan de fonctionnement
Au début de son 1er mandat, le CS n’était pas considéré de manière très importante par la direction du CNRS de l’époque. Son rôle scientifique était nul et c’était un peu une chambre d’opposition à la direction. Or, le CS est la chambre haute du CNRS, là où sont traités les problèmes, conseil sur lequel la direction peut s’appuyer pour faire des choix. C’est un conseil légitime de par sa composition (membres élus, nommés, étrangers et industriels), aussi comme instance pouvant discuter avec la ministre, les médias pour parler des choix scientifiques de la nation.
Trois rôles du CS sont identifiés : institutionnel, scientifique et politique.
1- institutionnel (éméritats, autorisations à concourir, créations/suppressions unités) ; peu "excitant" mais important à garder. A chaque conseil, un directeur d’institut était invité à présenter au CS la politique scientifique de son institut. Ce lien CS/CSI, très important, est renforcé par la présence de membres représentants du CS dans les CSI.
2- scientifique ; le CS a participé au livre blanc au moment de la loi sur l’information et le numérique, notamment sur le volet scientifique et technique. Il a parlé beaucoup d’éthique. Regret de ne pas s’être engagé plus sur certaines thématiques (comme la transition énergétique). Des recommandations ont été faites sur le métier de chercheur par exemple ou sur les publications scientifiques, l’interdisciplinarité (premier mandat).
3- politique : politique de la science. Grand moment en 2014 lors de la mobilisation sur l’emploi scientifique et l’obtention des fameux 300 postes (alors qu’était en discussion la baisse du recrutement). Des rencontres avec certains ministres et députés ont également été possibles.
BC souligne les bons rapports avec la direction du CNRS et la présence systématique du DGDS à chaque session, permettant des interactions avec la direction.
Dans le message de fin de mandat il rappelle les missions du CNRS, dont la première est l’avancée des connaissances ; il souligne l’importance de la pluridisciplinarité (TOUS les champs scientifiques sont représentés au CNRS), que le CNRS est un organisme national (la politique se fait au niveau national et pas local même si une politique de site est importante, mais ne doit pas être réduite aux 10 grands sites universitaires). L’international est important et l’augmentation des droits d’inscription en doctorat est un problème direct pour les labos. L’attractivité du CNRS tient à son pouvoir de recruter des jeunes sur emplois permanents et d’avoir une grande liberté scientifique ; diminuer le nombre d’emplois est une erreur stratégique qui peut porter atteinte à l’attractivité du CNRS. La valorisation est une mission plus large que la seule valorisation industrielle ; la valorisation sociétale est également importante. BC souligne l’importance du fonctionnement en équipes, avec des unités mixtes de recherche, un modèle français mais qui marche bien ! Il insiste aussi sur la diversité des métiers : on ne fait pas de la recherche seul ; il faut aussi être attentif aux évolutions de carrière. Il insiste sur les effets de modes qui voient le jour en science et qui ne durent pas bien longtemps et dont il faut se méfier. En conclusion le CNRS permet une « saine excellence » (cf discours des derniers prix Nobel)
Questions :
- Y-a-t-il des choses que le précédent CS a fait et qu’il faut arrêter ou maintenir ?
- Il faut toujours tout remettre sur le tapis.
- Quid de l’importance de la recherche fondamentale aujourd’hui qui se réduit à peau de chagrin, même au niveau européen ? On parle plus de recherche fondamentale en Chine ou aux USA qu’en France.
- 100% d’accord ; l’avancée des connaissances est la première mission du CNRS ; il faut rappeler l’importance de la recherche fondamentale et que toutes les innovations de rupture majeures en sont issues. Le CS est le lieu pour le rappeler. Il est aussi crucial d’insister auprès des politiques et de ne pas hésiter à discuter avec eux.
- A propos de la politique de site ; quels sont les interlocuteurs pour en parler ? Y-a-t-il eu des réflexions lors des précédents CS ?
- Le CS a reçu un des porteurs du site de Saclay mais cela n’a pas donné grand-chose.
- Comment voir l’évolution des sites maintenant que certains sont structurés, d’autres sont en cours et d’autres encore ne le seront jamais (ex : Toulouse) ?
- A. Schuhl : Les représentants du CNRS sur les sites sont les directeurs d’unités et ils se rencontrent souvent. 90% des forces du CNRS sont concentrées sur les 17 grands sites.
- Pour les autorisations à concourir pour contributions notoires ; comment avez-vous réglé ce point ?
- Nous avons fait une recommandation pour dire que seraient pris en compte les dossiers qui soit témoignaient d’un retard de carrière avéré, soit présentaient une contribution exceptionnelle (à peine 1 par an).
- Quelle était l’implication du précédent CS / appels à projets (AAP)(ex : Momentum) ?
- sur Momentum, le CS précédent a voulu suivre cet AAP, mais n’a pas participé à la sélection. Rq : il faut veiller à limiter les AAP, surtout avec un taux de réussite faible (<20%).
- Quels sont d’après vous les grands défis, les grands challenges à venir pour la recherche française et le CNRS ?
- un sujet brulant concerne la question des publications : on voit très bien qu’on va dans le mur (publications payantes, de + en + cher, publications de type "science spectacle" dans des revues à très grand impact, mais à durée de vie limitée, problématiques car toute la vue médiatique est concentrée sur certains secteurs au détriment de la visibilité des autres).
Cette course au nombre de publications est incontrôlable et vicieuse (et porteuse de discrimination H/F).

Open Access et nouveaux modes de publication (Présentation : Alain Schuhl)
Le problème des publications ne peut être résolu que collectivement. Il y a de grandes disparités selon les communautés. Le problème clef est l’évaluation. Il faut que la discussion ait lieu dans les sections.
Le modèle actuel de la publication scientifique est totalement aberrant : le chercheur fait la recherche, écrit, fait le travail d’édition, le reviewing... et perd totalement la propriété de sa production ! Des négociations sont en cours avec les grands éditeurs (comme Elsevier) mais la situation n’est plus possible : les organismes de recherche payent 100 M€/an à Elsevier pour les abonnements (160 en Allemagne).
La ministre a annoncé le 4 juillet son plan pour la science ouverte : il doit faire vivre les éditeurs tout en permettant la publication ouverte de la science. Aux USA plusieurs agences de financement imposent que les résultats soient ouverts et ça n’a pas tué la recherche ni les publications là-bas. Toutes les agences de financement vont mettre la science ouverte dans les critères de leurs financements ; aujourd’hui 28% des publications scientifiques sont en accès libre.
Des systèmes alternatifs existent : exemple en INSHS où il existe open edition qui édite livres et revues en open access, en maths-physique il y a ArXiv, les allemands ont créé Copernicus (financée par les scientifiques mais avec des coûts plus faibles de 1250€ au lieu de 4000/5000 euros pour Elsevier). Il faut trouver des moyens (incitatifs ?) pour augmenter le dépôt dans HAL et donner les moyens aux chercheurs de le faire.
Questions/discussion avec AS :
- L’open access devrait être gratuit (les contribuables payent donc devraient avoir un accès libre ; l’appartenance intellectuelle devrait rester aux chercheurs ; les frais de publication font partie des frais de la recherche, il faut tendre à décommercialiser le processus de publication et que les organismes de recherche créent des revues qu’ils gèrent.
- Le dépôt dans HAL n’est actuellement pas obligatoire au sein du CNRS mais notre PDG, qui était avant PDG de l’INRIA, l’y avait rendu obligatoire. Une réflexion est en cours pour rendre ce dépôt dans HAL obligatoire pour les chercheurs du CNRS. On n’est pas obligé non plus de payer ou de céder ses droits à un éditeur. Pour l’évaluation, il faut que le comité évaluateur ne le fasse pas simplement avec une métrique mais en faisant un vrai travail en profondeur.
- Comité pour la science ouverte mis en place par le MESRI (COSO : site ici)
- Il semble qu’il y ait des communautés (ex. chimistes) qui sont assez défavorables aux publications ouvertes (probablement pour des enjeux d’IF vs carrière) ; il faut pourtant le faire "tous ensemble". Il faut aller vers une solution européenne en matière d’alternatives.

Représentants des membres du CS aux Conseils scientifiques d’Institut
Quand c’est possible, un membre titulaire et 1 ou 2 membres suppléants sont proposés.
Institut national des sciences biologiques– INSB : Chantal Abergel et Marie Chabert
Institut national de chimie – INC : Odile Eisenstein et Hélène Olivier
Institut national écologie et environnement– INEE : Guy Brasseur et Johannes Orphal
Institut national de physique nucléaire et physique des particules – IN2P3 : Philippe Balcou et Frank Linde
Institut national des sciences informatiques et de leurs interactions – INS2I : Claire Mathieu, Jocelyne Troccaz et Eric Andres
Institut national des sciences humaines et sociales – INSHS : Philippe Büttgen et Ghislaine Gallenga
Institut national des sciences de l’ingénierie et des systèmes – INSIS : Patrick Cañadas, Stéphane Delalande et Jean Chazelas
Institut national des sciences mathématiques et de leurs interaction – INSMI : Raphaèle Herbin et Susana Terracini
Institut national des sciences de l’univers – INSU : Anne Magali Seydoux, Guy Brasseur et Johannes Orphal
Institut national de physique – INP : Lydéric Bocquet et Johannes Orphal

Créations de Groupes de réflexion
Après échange entre les membres du CS il est décidé de proposer les groupes de réflexion suivants, dont les animateurs présenteront des pistes de travail au prochain CS :
- Transition énergétique et changements globaux (animé par J. Orphal et L. Bocquet)
- Innovation (animé par S. Andrieux)
- Sciences participatives (animé par P.-Y. Saillant)
- Publications et sciences ouvertes (animé par G. Brasseur)
- Politique de site (animé par P. Balcou)
- IA et big data (C. Mathieu propose de l’animer, mais après celui de la transition énergétique)

Préparation de la campagne 2019 de concours de recrutements de chercheurs
Décret n°84-1185 du 27 décembre 1984 relatif aux statuts particuliers des corps de fonctionnaires du CNRS (articles 7, 13 et 40)
- Propositions de nominations au jury d’admission des directeurs de recherche (avis du Conseil).
Avis : 4 Abstentions, le reste Pour
- Élargissement des jurys d’admissibilité à des experts (avis du Conseil).
Avis : 2 ne prennent pas part au vote, 0 contre, 3 Abstentions, le reste Pour
Des remarques ont été faites sur le sens de ces avis alors que les personnes ont déjà été contactés et ont donné leur accord (d’où ces abstentions et refus de vote)
- Autorisations à concourir pour contribution notoire à la recherche en vue d’un recrutement en qualité de directeur de recherche pour la campagne de recrutement 2019 (décision du Conseil). [rq : pour les CR CNRS, qui n’ont pas les 3 ans d’ancienneté requis dans le grade pour postuler DR2]
Le CS autorisera les candidats concernés à concourir en cas d’un retard de carrière avéré, ou en cas d’apport notable à la recherche. Aucun des dossiers examinés n’est rentré dans ce cadre ; 6 avis défavorables (/6) sont donc donnés.
Vote : 2 Abstentions, le reste Pour.

Discussion avec la direction du CNRS (Antoine PETIT, PDG du CNRS et A. Schuhl, DGDS)
1- Politique de site.
AP : C’est une question cruciale pour le CNRS. 80% des personnels sont sur 13 sites, 90% sur 17 sites. Un site c’est une université et ce qu’il y a autour, souvent une ville (sauf Paris où c’est plus compliqué). Ce n’est pas la même chose d’être sur un site avec plusieurs UMR, ou pas. La politique doit être différenciée. L’université est un acteur essentiel mais le CNRS a un rôle particulier : dimension nationale et internationale. Il faut une politique coordonnée entre acteurs locaux et CNRS.
Questions :
- Est-ce-que la répartition des postes IT est liée à la politique de site ?
- AP : c’est décidé par les directions d’instituts et les DR (logique de remplacement des départs en retraite). Distinction est faite entre le soutien (les BAP : branche activité professionnelle) et le support (administration, RH…).
- On voit des thématiques qui émergent en France. Cela va à l’encontre de la politique de sites car les universités ont besoin de tout. Est-ce que vous allez favoriser cela ?
- AP : Question délicate car ce n’est pas au CNRS de dire aux universités quelle doit être leur politique. Il peut y avoir un domaine d’enseignement sans équipe de recherche de pointe associée. Les universités l’ont compris. Il faut les accompagner, si on arrive à focaliser les moyens.
- On arrive à la fin de la première vague des PIA1. Est-ce que des bilans sont réalisés ?
- AP : Non pas de bilan formel. Système parfois décrié, mais les endroits où les gens se plaignent le plus ce sont ceux qui n’ont pas eu de financements PIA.
- Il y a une vraie question qui n’a pas été tranchée de façon nette : qui va gérer cet argent ?
- AP : L’argent est à l’Idex et doit être géré soit par l’Idex, soit par les universités qui s’en sont occupé. Le CNRS penche pour la 1ère solution. Les labex sont dans la même situation. Certains pensaient que les Labex allaient remplacer les UMR et en fait non.
- Se pose aussi la question des personnels à affecter sur les équipements financés, par exemple, par les régions
- AP : question très théorique car le nombre de personnels disponibles est fini. Il faut rappeler que les financements "équipement" doivent être accompagnés de financements "fonctionnement".
2- Appels à projets.
Certains à l’initiative de l’état (MOPGA :make our planet great again) et d’autres du CNRS (Momentum, 80 PRIMES)
MOPGA : sur 102 candidatures, 17 ont été sélectionnées, dont la moitié vient des USA. Programme Franco-Allemand conjoint en cours.
Momentum : A été conduit pendant 2 ans (http://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/les-laureats-2018-de-lappel-projets-cnrs-momentum). Pour l’AAP 2018, 382 dossiers éligibles (étudiés par les instituts), 20 projets sélectionnés (très sélectif).
Le CNRS décide de faire une année de pause pour mieux réfléchir aux types de projets et aux objectifs.
- Le recrutement des jeunes est déjà très sélectif. Pourquoi ne pas plutôt donner les moyens aux jeunes directement lors de leur recrutement plutôt que de passer (encore) par des appels à projets ?
- AS : oui, cela fait partie de la réflexion.
- AP : il faut réfléchir si on privilégie l’emploi pérenne ou le financement des chercheurs. De plus quand on fait (80 primes) quelque chose de top down (et pas d’AAP), les chercheurs ne sont pas contents.
- Accompagner les jeunes chercheurs c’est prioritaire, serait-il possible de prendre la même somme (équivalente aux thèses financées) et donner la même somme à chaque nouveau recruté pour les accompagner ?
- AP : pas possible car l’argent sur les doctorants est pris sur le fond de roulement, et financer des doctorants sur des priorités définies était complémentaire à la politique des chercheurs.
- A-t-on des données sur les effets pour les femmes chercheures (Par rapport à la famille et les frais de déménagement) ?
- AP : pas de données
- Il faudrait faire une étude sur les équilibres : faut-il avoir un « bon » ou un « grand » CNRS ? Équilibre entre chercheurs permanents vs accompagnement financier ?
80 primes :
- Chaque institut a donné l’impression d’avoir une gestion très différente des thèses financées dans ce cadre ; certains comme INSMI ont publié un AAP par exemple.
- AS : la décision a été prise de financer 200 thèses sans appels à projets avec des choix faits par les instituts (top-down) ; 80 PRIMES (=80 bourses de thèse pour les 80 ans du CNRS) ciblait l’interdisciplinarité avec des projets sur 2 équipes de thématiques et 2 instituts différents. 120 doivent remonter et le choix se fait dans les instituts. Retours attendus fin février (au plus tard fin mars).
3- GDR sport et activité physique (cf site sur CNRS INSIS :
http://www.cnrs.fr/insis/recherche/evenements/lancement-gdr-sport-activite-physique.htm. Directeur : Vincent Nougier (Grenoble), Directeur adjoint : Denis Bertin (AMU)
Le CNRS a été alerté avec les JO en France en 2024. Beaucoup de laboratoires travaillent sur le sport (200 labos et/ou EA avec 1000 personnes). Il y a 4 axes de recherche : facteurs humains de la performance ; modélisation, matériaux et instrumentation ; sport, activité physique, santé, bien être ; et enjeux sociétaux. La première réunion a eu lieu le 17 janvier 2019 avec 200 personnes.

« Enjeux climatiques » par Valérie Masson-Delmotte
Chercheuse CEA au LSCE et co-présidente du groupe de travail I du GIEC
Présente tout d’abord les bases physiques du changement climatique avant de présenter le GIEC, les spécificités du 6e cycle d’évaluation du GIEC, les points clés du rapport spécial « 1.5°C », avant de terminer par l’importance de l’éducation, la formation et l’organisation de la recherche et comment aller vers une recherche responsable.
- Sciences du climat : observer, étudier les processus, construire les aspects théoriques, modéliser pour comprendre. Elles nécessitent de la transparence (science ouverte) et de la rigueur (la moindre faute rejaillit sur les rapports du GIEC).
Sciences du changement climatique : information en appui à la prise de décision (comment s’adapter au changement climatique ?)
Les modèles de climat sont développés sur les principes physiques ; comparés et testés sur des données du passé ; testés sur la représentation de l’atmosphère à court terme (météo) ; importants pour donner sens aux variations passées et tenter d’étudier l’influence de l’humain sur ces variations. Exemple de l’article de Stouffer et Manabe (1989) montrant une bonne analogie entre les projections issues de leur modèle et les observations actuelles (réchauffement anticipé plus important à certains endroits du globe).
La composition de l’atmosphère est très modifiée par l’activité humaine ; les grandes lignes d’évolution sont bien comprises et prédites (CO2 : énergies fossiles, déforestation, CH4 : élevage). Les océans stockent la plupart (93%) de l’énergie supplémentaire. Les conséquences du déséquilibre sont donc l’augmentation du niveau de la mer, des pluies torrentielles, des vagues de chaleur et des niveaux de sécheresse accrus.
Il y a une explosion du nombre de publications comportant le mot clé « climate change » de 200 en 1990 à > 22000 en 2016, y compris des "revues et /ou articles bidons". Cela génère un gros travail d’examen critique pour le GIEC depuis 30 ans et pose des problèmes de communication.
- Le GIEC est un modèle de collaboration qui fonctionne avec une dizaine de personnes rémunérées (secrétariat) et des bénévoles : le GIEC ne fait pas de recherche (il produit des rapports) mais il stimule la production de connaissances nouvelles et la maturation des connaissances scientifiques. Organisé selon 3 groupes de travail : 1-comprendre les bases scientifiques des risques du changement climatique dû à l’influence humaine ; 2- les impacts potentiels et 3-les options d’adaptation et d’atténuation. Des guides sont publiés pour divers publics (politiques, entreprises, ONG, enseignement sup, média…). Les différents rapports du GIEC publiés fournissent des éléments pour les accords internationaux (ex : accord de Paris suite au rapport de 2013-14).
- Spécificités du 6ème cycle (2015-2030) : rapport de synthèse prévu pour 2022 et construit à partir de différents rapports-étapes (ex : 2018-2019 : rapports sur +1,5°C).
Agenda de recherche et d’actions pour les villes et sciences du changement climatique : https://citiesipcc.org/beyond/global-research-and-action-agenda-on-cities-and-climate-change-science/
- Points clés du rapport spécial sur +1.5°C (91 auteurs de 40 pays, 133 contributeurs, 6000 publications, 1113 relecteurs) :
Depuis la période pré-industrielle, les activités humaines ont provoqué un réchauffement global d’environ 1°C, dont les effets sont déjà visibles. Au rythme actuel (+0.2°C/an) le +1.5°C serait atteint entre 2030 et 2050. Il est indispensable de supprimer les émissions de CO2 pour stopper l’augmentation de température. Le cumul des émissions de CO2 et le forçage radiatif futur non-CO2 (ex : méthane) déterminent la probabilité de limiter le réchauffement à 1,5°C.
+1.5 vs +2°C, qu’est-ce que ça change ? Des évènements extrêmes moins intensifiés, en particulier les vagues de chaleur, les pluies torrentielles et le risque de sécheresse. Une montée du niveau des mers moins rapide mais qui se poursuivra. Un risque moins élevé de pertes de biodiversité et de dégradation d’écosystèmes. Des risques moins élevés pour la pêcherie ; chutes de rendement moins fortes pour certaines céréales ; diminution de moitié de la fraction de population mondiale exposée à des pénuries d’eau ; des risques moins élevés pour la sécurité humaine, l’activité et la croissance économique. On ne sait pas chiffrer les coûts (des dommages et adaptations). Ce n’est pas impossible à stopper mais énormément contraignant : diminuer les émissions de CO2 de 50% en 2030 à 0 en 2050. Limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C demanderait des transitions rapides, de grande envergure, à une échelle sans précédent ; ce n’est pas impossible mais demanderait une volonté politique et sociétale forte !
Chaque 1/2 degré compte ; chaque année compte ; chaque choix compte (plus ici : www.ipcc.ch/report/sr15)
- Enjeux de partage de connaissances, d’éducation, de formation, d’organisation de la recherche : formation par la recherche de jeunes scientifiques capables de s’impliquer en appui aux acteurs de terrain pour la prise de décision face à l’incertitude ; sciences participatives ; intégrer les sciences du climat et du changement climatique dans les programmes d’éducation et la formation (programmes scolaires calamiteux au collège et lycée). Si on n’agit pas sur l’éducation on a perdu !
- Comment aller vers une pratique de la recherche responsable ? Est-ce que le CNRS a une politique d’évaluation de son bilan carbone ? A-t-il une stratégie pour réduire l’empreinte environnementale (éviter, réduire, compenser...) ? Est-ce qu’on a autant besoin de se déplacer pour faire de la recherche ? Pourquoi la visio-conférence n’est toujours pas une pratique standard ? Est-ce qu’on n’y gagnerait pas un peu de temps pour faire de la recherche finalement ? Comment valoriser la recherche responsable et les choix "bas carbone" ?
Finalement, est-ce qu’on sera les derniers à changer ?

Participation du CNRS à l’I-SITE de Lille par Nicolas Arnaud (Directeur scientifique référent (DSR) région Hauts de France)
Rappel du contexte des PIA (cf CS des 22-23 Novembre 2018)
I-SITE Lille (ULNE) : Université Lille Nord Europe. Volonté du CNRS de renforcer les capacités de recherche de ce site. Actuellement 15e site pour le CNRS, variable selon les instituts (228C et 254 IT en tout). De nombreuses plateformes analytiques ouvertes pour la communauté (e.g. RMN). Convention attributive signée par l’Université de Lille Nord Europe, l’ANR et l’Etat pour un montant accordé de 60 M€. Porté par la fondation partenariale I-SITE ULNE. Les membres du consortium sont 8 grandes écoles (dont 5 sont engagées dans le processus de fusion), 3 organismes de recherche (CNRS, INSERM, INRIA), le CHU et l’Institut Pasteur de Lille. 4 LabEx sont rattachés et 3 axes prioritaires définis : santé humaine ; les sciences dans le changement climatique ; le monde digital au service de l’homme. Apports du CNRS estimés à 73 M€ (non environné).
Vote sur la participation du CNRS : 12 refus de vote, 5 Abstentions et 9 Pour
NDLR : documents distribués peu de temps avant le CS (le 17/01 à 17 heures pour le 21/01) expliquant les résultats du vote et la recommandation N°3).
Adoption des recommandations (vote du Conseil)
1- Recommandation sur le fléchage et le coloriage des postes de chargé.e.s de recherche
Le Conseil scientifique rappelle qu’il est souhaitable de privilégier la pratique des concours ouverts au sein d’un champ disciplinaire pour le recrutement des chargé.e.s de recherche au CNRS. Cette spécificité du CNRS garantit une large base de recrutements et favorise l’ouverture thématique. Elle permet aux sections et CID du Comité national de sélectionner les candidat.e.s sur des critères de qualité scientifique et d’originalité du projet. La direction d’Institut peut par ailleurs recourir à un fléchage ou à un coloriage comme outil de la politique scientifique.
En 2018, 84 postes étaient coloriés ou fléchés pour 209 postes blancs. En 2019, ce sont 82 postes coloriés ou fléchés qui sont prévus pour seulement 161 postes blancs. Cette évolution inquiète le Conseil scientifique, qui émet les recommandations suivantes :
Les affichages de postes doivent être définis en concertation avec la ou les sections et CID concernées. Le fléchage doit rester exceptionnel. Le coloriage doit être utilisé avec parcimonie et de manière souple, sur plusieurs années.
Texte adopté à l’unanimité
2- Recommandation sur l’accueil des étudiants étrangers
À l’heure où le gouvernement, dans le cadre du plan « Bienvenue en France – Choose France », annonce une forte augmentation des droits d’inscription universitaire pour les étudiants étrangers non communautaires (de 243 à 3600 euros en Master, de 380 à 3800 euros en doctorat). le Conseil scientifique du CNRS exprime sa vive inquiétude devant les risques que cette décision, si elle était confirmée, pourrait faire peser sur les laboratoires de recherche et les formations universitaires.
Les doctorants étrangers (40% de l’effectif total, dont 70% hors Union européenne) jouent un rôle majeur dans l’avancée des connaissances au sein des laboratoires français. Le gouvernement justifie l’augmentation des droits d’inscription par une politique du « signal-prix » susceptible, selon lui, d’attirer les étudiants issus des pays émergents. Il est toutefois très probable que cette politique éloignera des laboratoires un grand nombre d’étudiants issus de pays à fort potentiel de développement, alors même que les partenariats avec les pays francophones, notamment d’Afrique, offrent de fortes perspectives de développement, qui d’ores et déjà intéressent les concurrents de la France.
Une politique différenciée en matière de droits d’inscription universitaire apparaît ainsi porteuse de menaces pour la recherche menée dans les laboratoires.
Le Conseil scientifique du CNRS recommande l’abandon de la politique des droits d’inscription différenciés et l’ouverture d’une large concertation sur l’attractivité des études doctorales et les conditions d’accueil des étudiants étrangers en France. Cette discussion devra réellement impliquer les acteurs de la recherche.
Texte adopté à l’unanimité
Destinataire : Mme Frédérique VIDAL, Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’innovation
3- Recommandation sur les délais
L’arrêté́ du 2 août 2007 fixant les règles de fonctionnement du Conseil scientifique du Centre national de la recherche scientifique prévoit dans son article 15 que
Les convocations et l’ensemble des documents relatifs aux points fixés à l’ordre du jour sont adressés aux membres du Conseil scientifique par le secrétariat général du Comité national au moins quinze jours avant la date de la réunion.
En cas de nécessité, il est également prévu que
Le président peut autoriser l’envoi des documents précités moins de quinze jours avant la date de la réunion.
Les membres du Conseil scientifique ont constaté à l’occasion des deux premières réunions de leur mandat que plusieurs documents ont été envoyés très tardivement, ce qui ne permet pas l’examen détaillé préalable que nécessitent une discussion efficace et un vote éclairé.
Ils proposent donc qu’en complément des dispositions déjà prévues les règles de fonctionnement suivantes soient mises en oeuvre :
Dans la mesure du possible, l’ensemble des documents relatifs aux points fixés à l’ordre du jour doit être adressé aux membres du Conseil scientifique par le secrétariat général du Comité national au moins huit jours avant la date de la réunion. A défaut, le conseil se réserve le droit de retirer ces points de l’ordre du jour.
Texte adopté (1 abstention, 23 pour)


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"URGENCE : la mise en œuvre du Rifseep entérine les écarts de prime entre universités et organismes !"

URGENCE : la mise en œuvre du Rifseep entérine les écarts de prime entre universités et organismes !

REFUSONS cette injustice !

REFUSONS ce régime de prime inégalitaire entre les établissements mais aussi entre les agents au sein d’un même établissement !

ignez et faite signer la pétition en ligne : http://www.sntrs-cgt.cgt.fr/phpPetitions/index.php?petition=5